Le PALMARèS 2019

 

GRAND PRIX DU JURY 1019 – PRIX DE LA TYPOLOGIE LA PLUS CREATIVE

→ Unité(s)

Mettre en pièces le logement pour désassigner ses espaces de leur fonction figée
pour l’éternité́ est le défi relevé avec succès par Sophie Delhay. Elle n’y serait jamais parvenue sans la pleine adhésion de son maitre d’ouvrage, Grand Dijon Aménagement, ni des itérations permanentes avec les gestionnaires qui font vivre ce patrimoine bâti
au fil des décennies. Chaque pièce des logements de la résidence offre la double expérience de l’échelle et du nombre, et chaque logement propose à ses habitants de la domesticité́ comme de l’urbanité, de l’ouverture et du regroupement comme du repli et de l’intimité́. Exemplaire par sa typologie et formidablement permissif, ce projet devient paradoxalement manifeste de la nouvelle question qui pourrait occuper les acteurs du logement : avec qui habite-t-on ?

Maîtrise d’ouvrage : Grand Dijon Habitat
Architecte :
Sophie Delhay Architecte

PRIX DE LA PLUS BELLE METAMORPHOSE

→ Musée de Lodève

En valorisant des collections paléontologiques, archéologiques et le fonds d’atelier du sculpteur Paul Dardé logés dans un hôtel particulier du XVIIe siècle et en doublant ses surfaces, la réhabilitation-extension du musée de Lodève, menée par Projectiles, traduit, par ses jeux de strates de béton brut, ses effets de sédimentation de matières, ses logiques d’affleurement et de liaisons, un dialogue sensible entre patrimoine et écriture contemporaine. Ce faisant, il ouvre la voie vers une autre urbanité. Ce projet transmet à la ville de Lodève un sol autant qu’un socle commun, incarné par un nouveau parvis qui sort le musée de son invisibilité. La précision, la clarté de l’intervention, l’engagement des maîtres d’œuvre et l’enthousiasme du maître d’ouvrage font de cette métamorphose une épopée proposant une autre vision du musée, de ses collections et de ses mondes antérieurs.

Maîtrise d’ouvrage : Communauté de communes lodèvois et Larzac
Architecte : Projectiles

PRIX DE LA MISE EN OEUVRE LA PLUS AUDACIEUSE

→ Pavillon d’accueil Clémenceau

La matière est au cœur de la question de construire et des stratégies pour durer. Elle est parfois choisie pour son aptitude à disparaître et se fondre dans un environnement et un paysage. Telle est l’ambition portée par le pavillon d’accueil de la maison de Georges Clemenceau, En guise d’avant-propos à l’univers intérieur de Clemenceau, les architectes de TITAN sont revenus à la simplicité du personnage et la beauté de la ligne de côte qui lui était chère, en preinterprétant une longère discret monolithe tapis dans la dune dont la double coque alterne béton lisse et béton sablé. Remarquable par sa mise en œuvre, la gradation du béton du plus foncé au plus clair s’évanouit dans le paysage, fixant le souvenir d’un grand homme devant un paysage encore plus grand, inscrivant la matière dans le cycle naturel des éléments.

Maîtrise d’ouvrage : Centre des Monuments Nationaux
Architecte: Titan

PRIX DU LIEU LE PLUS PRODUCTIF

→ Frans Masereel Centrum (BE)

Comment travailler mieux ? Quelles porosités entre les disciplines, quelles rencontres improbables créer pour susciter des externalités positives et ajouter de la valeur à nos productions? Le Prix du lieu le mieux productif cherche à déjouer le paradigme de l’open space, adjuvant supposé de la créativité. Avec son dôme et ses maisons triangulaires, le centre culturel Frans Masereel dédié à l’art reproductible est un univers fascinant édifié en 1972 par Lou Jansen dans la campagne flamande. Pour son extension abritant des ateliers graphiques, une chambre noire et de nouveaux espaces d’exposition, LIST a poursuivi la volonté́ inaugurale du centre d’art de sortir de la connotation négative de l’usine et d’exposer les machines. Ici la neutralité́ n’est pas formelle, elle s’exprime dans l’équivalence des pratiques, entre art et architecture, entre montrer et faire, travailler et contempler. Ce projet induit un changement de focale qui lui vaut le Prix du lieu le mieux productif.

Ce bâtiment prouve aussi que travailler mieux, c’est travailler en BIM, un outil qui a permis aux architectes, ingénieurs et artisans du projet de développer de concert cette spectaculaire charpente autoportante, ultime mise en abyme d’une productivité́ aux efforts partages et au bénéfice de tous.

Maîtrise d’ouvrage : Frans Masereel Centrum (BE)
Architecte : List, Hideyuki Nakayama Architecture

PRIX DU MEILLEUR CATALYSEUR URBAIN

→ Alvéole 12

Face à la puissance de cette architecture militaire de la base, l’équipe a déployé un soft power exemplaire par son aptitude à se connecter aux autres projets culturels, par
sa stratégie d’intervention, et sa capacité d’activation des espaces. Mais ce projet est surtout remarquable par la narration qu’il propose, ses attentions multiples, ses matières et ses couleurs, son dessin très enjoué et ses rugosités qui l’apparentent à un cabinet de curiosités. Ce projet installe un continuel va-et-vient de la salle de spectacle au port spectaculaire, du détail à la grande image, et devient symptomatique d’une architecture élargie abolissant les frontières et les temporalités, faisant dispositif plus que bâtiment, un véritable catalyseur urbain réinstituant des lieux non-élitistes.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Saint-Nazaire, Sonadev
Architecte : 51n4e (BE), Bourbouze & Graindorge

MENTION 1

→ Maison Fetis (BE)

Maîtrise d’ouvrage : Donatienne Maingrain & Cédric Callewaert (BE)
Architecte : AUXAU (BE)

MENTION 2

→ MéMo – Médiathèque et Atelier de cuisine

Maîtrise d’ouvrage : Mairie de Monein
Architecte : OEco Architectes